Cinéphile m'était conté ...

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Rouge comme un monstre (We need to talk about Kevin)

We need to talk about Kevin provoque des sensations ambivalentes. Beaucoup de spectateurs sont pétrifiés d'enthousiasme, d'autres sont terrassés d'ennui et agacés par sa prétention. Autre attitude possible (c'est la mienne) : une certaine tièdeur sur un film sur lequel tant d'informations ont déjà circulé, désamorçant la surprise. On admet volontiers la brillance de la mise en scène, l'intensité des face à face entre l'adolescent et sa mère, le mystère quant à la personnalité du "monstre". En revanche, on peut regretter la sursymbolisme (la couleur rouge, ok, on a compris), la confusion entretenue de la première partie avec ses allers et retours incessants dans l'espace-temps. N'allons pas jusqu'à parler de "purge arty-farty" (Les Inrocks) ou de "petit cinéma crâneur et condescendant" (Les Cahiers), mais il y a de cela, quand même. Ah le regard méphistophélique de Kevin ! Oh, le visage constamment consterné de sa génitrice (Tilda Swinton est moyenne,  surtout comparé à sa partition dans Julia de Zonca, pour ne citer qu'un rôle). En somme, on peut passer un moment presque confortable devant ce film, y trouvant un certain intérêt, mais sans jamais y voir autre chose qu'un regard de cinéaste, un exercice de style manipulateur, aux ficelles parfois grossières et jamais réalistes. Ne pas être touché par We need about Kevin, est-ce que cela fait de soi un monstre ?

 




21/08/2015
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